Bilan de l’expérimentation – année 2 (2015-16)

  • Présents : Sophie ANSOS (SVT), Isabelle BECKER (Maths), Joëlle FROIDUROT (Physique-Chimie), Audrey MILLION-MOUILLET (Anglais), Séverine OURY (Histoire-Géographie), Stéphane FONTAINE (Français) Catherine (Assistante Pédagogique)
  • Absents : Proviseur-adjoint, CPE, Vincent MARCIANO, Charlène MONNIER-GORCE

En préambule :
La pédagogie active implique que les élèves fassent. Ils apprennent « en faisant ». C’est le principe du mouvement Freinet : « La voie normale de l’acquisition n’est nullement l’observation, l’explication et la démonstration, processus essentiel de l’école, mais le tâtonnement expérimental, démarche naturelle et universelle » expliquait l’instituteur dans l’invariant n° 11 de sa méthode (1964).
Au cœur de ces pédagogies actives, on trouve deux éléments centraux : la création d’une communauté comme élément préalable et la mise en activité des élèves comme résultante positive. Ces pédagogies ont comme effet démontré de participer à l’accrochage scolaire (mais non à l’amélioration des résultats en tant que telle).
d’après http://www.cndp.fr/agence-usages-tice/que-dit-la-recherche/les-cours-en-ligne-leviers-pour-une-pedagogie-active-98.htm

  1. Bilan de l’année en terme pédagogique
    1. Objectifs atteints et plus-values constatées (préciser dans quels domaines les plus-values sont observées)
      • développer l’autonomie et la motivation des élèves :
        • non pour ni l’un ni l’autre, le travail en ilot permet de l’autonomie mais celle-ci n’est pas gagnée systématiquement
        • des avancées en terme d’autonomie dans certains cours (maths : c’est la 2e classe du lycée au devoir de commun, et français)
        • on voit très bien qui ne fait rien
        • oui pour certains, mais pas forcément lié à cette expérimentation
        • nécessite de la l’accompagnement individuel quasi systématique pour que les élèves se mettent au travail
      • améliorer le travail personnel et l’engagement des élèves dans leurs apprentissages
        • le profil immature et un manque d’engagement de la classe n’a pas permis de plus-value
        • sans ce que l’on a fait et mis en place en équipe, la gestion de la classe aurait été encore plus difficile
        • oui en classe, mais pas à l’extérieur de la classe
      • permettre une utilisation des outils numériques dans la classe pour produire des écrits, des oraux, etc… et publier
      • mettre en œuvre un travail hybride en présentiel et à distance, dans et hors la classe par la pédagogie inversée
      • favoriser le travail collaboratif en groupes et le travail de groupes
        • oui, même si les groupes sont pesants pour certains ilots avec des élèves qui sont absents ou ne travaillent pas, ne participent pas…
        • les élèves ont su se mettre à travailler collaborativement, mais ce n’est pas stable, cela ne fonctionne pas systématiquement
        • les groupes (ilots) ont contribué à l’ambiance du groupe classe, même si certains élèves ont dû supporter des ilots pesants (malgré des changements à chaque vacances)
    2. Analyse des freins/difficultés et des réussites
      1. élaboration collaborative de 4 grandes compétences communes à toutes les disciplines pour suivre et accompagner les apprentissages des élèves (connaître, comprendre, analyser, exprimer) : c’est pas viable ou seulement sur certains exercices !
        1. c’est fastidieux à suivre et à corriger ; cela a confirmé ce que les enseignants pensaient des compétences générales des élèves
        2. c’est difficile de séparer les indicateurs
        3. difficulté d’individualiser les cours en fonction des compétences, mais possible pour une vision globale de la classe
        4. difficulté de gérer la classe et les groupes différents en paralèlle, surtout si on n’a pas d’outils qui permettent l’auto-correction en autonomie (il y en a sur le web en maths)
        5. pas de prise en compte de la part des élèves des compétences validées ou pas
        6. constat de la non-implication des élèves dans leurs apprentissages et de la fatigue générée par cette apathie chez les collègues qui essaient de mettre en place de nouveaux dispositifs et activités assez chronophages en préparation.
      2. élaboration partagée du plan de classe et de la composition en ilots de compétences complémentaires
        1. travail en ilots avec des rôles : très efficace et régulateur
        2. mise en place d’un système de points (groupes et individuels) et d’un challenge entre les équipes : positif en terme d’implication en classe
      3. usage de serious game en maths et en anglais : pas très concluant à cause des problèmes techniques de connexion WIFI (maths) ; OK en anglais comme une récompense pour ceux qui avaient travaillé (les autres ont fait des exercices de grammaire sur le livre…)
      4. essai de plan de travail individualisée (maths et français) :
        1. en maths, avec Moodle sur les équations du premier degré, mais long à mettre en œuvre pour le suivi
        2. en français, des devoirs-bilan différents en fonction du devoir précédent et des compétences développées
      5. les études surveillées (2 x 1h) : lundi M1 et jeudi M1
        1. suivi du plan de classe n’a pas fonctionné car les élèves veulent travailler avec leurs copains
        2. autorisation du travail par 2 élèves ; pas forcément du même ilot
        3. ceux qui travaillent ont travaillé mais le travail à faire à la maison n’est pas fait
        4. voir ce que l’on impose à ceux qui ont fait le travail à la maison
        5. les élèves trouvent à plus de 90% que c’était utile !
      6. utilisation du cahier de texte (avant et après la séance par exemple) :
        1. en français, pour le travaux de groupes ou TD : routine positive
        2. ils y vont systématiquement pour regarder le travail mais aussi les absences des profs (revoir la mise en absence automatique en fonction des OM reçus par l’administration)
    3. Effets constatés :
      1. sur les acquis des élèves (résultats/comportement/métacognition…) ;
        1. ils n’ont pas décroché sur la fin de l’année, voir au contraire en histoire-géo, en maths et en français
        2. niveau très faible, mais des résultats positifs à l’épreuve commune de maths (seconde classe du lycée)
        3. comportement très désordonné et sans inhibition qui s’est un peu amélioré depuis le début de l’année, mais ce n’est pas lié aux éléments numériques et plutôt au fait que l’équipe pédagogique travaille plus ensemble
        4. des compétences collaboratives, de création, d’écoute et d’entraide se sont mises en place
      2. sur les pratiques des enseignants impliqués ;
        1. maths : le prof parle de moins en moins ; des points précis le plus court possible et le moins souvent
        2. français – anglais :
          1. mise en activités systématique et cela fonctionne : les élèves travaillent pendant le cours. On entre
          2. mise en place de la classe inversée : on entre dans le cours par une activité et pas avec des notions.
        3. physique : plus de travail en petits groupes de 4 et c’est mieux qu’en binômes ; surtout pour des activités difficiles de résolutions de problèmes
      3. sur le rayonnement et les relations professionnelles
        1. l’équipe pédagogique fonctionne et communique régulièrement (climat d’échanges et d’entraide) ; les élèves l’ont senti et cela a eu un effet bénéfique sur la climat de la classe
        2. pas de retours de nos collègues du lycée ni d’intérêt manifesté pour le projet malgré les mails réguliers et le blog mis en ligne et accessible depuis le site du lycée
          1. http://www.lyc-grand-chenois.ac-besancon.fr/projet-de-classe-mobile-en-seconde/
          2. https://classemobile2nde.wordpress.com/
      4. sur l’adoption d’une posture réflexive sur la pratique professionnelle ;
        1. réflexions sur les modalités d’implication et de mise eu travail des élèves (ex. challenge par points individuel et en équipe)
        2. évaluation différenciée (maths et français)
        3. apports des travaux par groupes pour des tâches complexes (physique)
      5. sur le réinvestissement des résultats de la réflexion individuelle et collective dans l’action ;
        1. en maths avec des sujets à étage (individualisation)
        2. en français avec des sujets préparés en classe avant les DS
      6. sur l’identification de besoins de formation, et le développement de compétences professionnelles en utilisant les ressources disponibles.
        1. sur les blogs pour Joëlle
        2. manque de formation sur les pédagogies actives et les évaluation différenciées
        3. les pauses numériques ont été appréciées et utiles pour circonscrire les problématiques
    4. Trois ressources ou points d’appui qui vous ont permis de progresser :
      1. réunions mensuelles d’échange et d’analyses des séances mises en œuvre
      2. formations sur Evernote et le blog sur ENT
      3. les possibilités d’écriture collaborative de l’ENT, et en particulier le pad et le blog
    5. Trois difficultés éventuelles rencontrées :
      1. la connexion WIFI et les installations logicielles sur la classe mobile
      2. la composition des groupes dans la classe et l’individualisation au sein des groupes
      3. les modalités d’évaluation différentes et le manque de travail personnel
    6. Modalités d’évaluation de l’action ?
      1. par des échanges réguliers sur nos pratiques d’enseignement
      2. par des retours de collègues non-impliqués dans le projet : pas de retours
    7. Diffusion, essaimage auprès des collègues ? invitation à suivre une séquence innovante
      1. pas de retour à un e-mail de mi-année invitant les collègues à venir assister à une séance
      2. pas de conseil pédagogique sur cette expérimentation (le lycée est dans un processus de fusion)
      3. proposition de mettre à l’ordre du jour des conseil d’enseignement, une lecture, une réaction aux expérimentations menées cette année
  2. Equipe et fonctionnement
    1. publication de séances
      1. assez régulièrement dans le carnet Evernote partagé, puis par la publication sur le blog de l’expérimentation des notes prises sur Evernote
      2. peu voire pas de retour des collègues de l’établissement, ni de commentaires sur le blog public
        https://classemobile2nde.wordpress.com/
    2. réunion de l’équipe une fois par mois environ
      1. pour partager ses expériences et ses difficultés
      2. trouver des solutions pédagogiques et techniques (challenge score individuels et par équipes par exemple)
    3. constitution de l’équipe pour l’an prochain ; des propositions seront faits en conseil d’enseignement pour voir si d’autres collègues sont intéressés
      1. Sophie ANSOS (SVT) : oui
      2. Isabelle BECKER (Mathématiques) : oui, OK pour des séances de 1h30
      3. Stéphane FONTAINE (Français) : oui, OK pour des séances de 1h30 ou 2h
      4. Joëlle FROIDUROT (Physique-Chimie) : oui mais pas cours en classe entière le vendredi soir et pas en salle 244 (salle de physique)
      5. Audrey MILLION-MOUILLEY/KAWKA (Anglais) : oui, mais plus de séances 1h30 (3 x 1 h selon les IPR)
      6. Laurence GAFRAY (Espagnol) oui
      7. Séverine OURY (Histoire-Géographie) : oui, mais plus de séances 1h30
      8. ?? (SES)
        RQ : pas de cours en classe entière après 15h30
  3. Matériel
    1. grande salle (244) : réorganisation en largeur permet une disposition aisée de la salle en ilots avec les tables à une place
    2. PC de bureau :
      1. demande d’un PC sous Windows 7, afin de montrer la même chose que ce que voient les élèves
      2. harmonisation des outils sur le PC du bureau avec les PC portables pour le rentrée de 2016
    3. PC portables : pas stables et lenteurs de connexions au réseau pédagogique font que l’utilisation peut être très contre-productive en terme de mise en oeuvre d’activité
    4. WIFI + câblage : connexion bien meilleure ; pour compenser la faiblesse du WIFI, mais cela ne suffit pas…
    5. TBI mobile :
      1. utilisation systématique en physique et en anglais
      2. de temps en temps en histoire et en maths
    6. besoin de casques-micro dans la salle, autant que de PC portables
    7. clavier sans fil : qui s’en sert ? personne
    8. boîtiers de vote : utilisation uniquement en français
      1. utile pour des évaluations sommatives en contrôle de connaissances mais trop long pour une évaluation formative, à la volée
      2. tester des solutions avec des outils plus souples associés à des tablettes ou smartphones (Plickers ou Votar)
    9. proposition achat 2016-17, caméra flexible-visualiseur pour 60 euros : http://outilstice.com/2016/05/camera-hue-hd-pro-une-camera-a-tout-faire-pour-la-classe/ : validé par l’équipe (demande envoyée le 15/06/2016 à Mme Chaumatte)
  4. Prospectives
    1. EDT (c’est vu avec Mme Garcia le 14/06/2016)
      1. prévoir des temps pour se mettre en condition pour le travail effectif en classe : pas de cours en M1 le lundi et jeudi et 1/2h le mardi et vendredi pour être en autonomie progressive : à voir en fonction des moyens de vie scolaire.
      2. blocs de cours de 1h30 ou 2 heures et moins de cours différents par jour, avec une essai de regrouper par champs disciplinaires et par demi-journées
      3. AP avec les profs de la classe (Histoire, Anglais, Français, Mathématiques)
    2. 4-5 compétences fortes pour transversalité : individualisation ?
    3. validation des items du B2i : aucun enseignant ne l’a fait
    4. essaimage : invitation de collègues pour assister à des séances est difficile à cause des EDT peu compatibles et de refus de perdre des heures aux vues des programmes chargée
    5. Formation
      1. demande de partage d’expérience sur la classe inversée avec d’autres collègues ayant un public similaire (Viaeduc ?)

En conclusion :

  • Les activités engageant les outils numériques favorisent une pédagogie différenciée et collective telle que Freinet le préconisait à travers :
    • une pédagogie de projet avec des plages de choix durant lesquelles l’élève peut être actif ;
    • l’introduction d’outils nouveaux favorisant l’ouverture sur le monde ;
    • une valorisation du travail de l’élève qui peut sortir du cadre de la classe (audience plus large…) ;
    • et une individualisation des parcours des élèves grâce à la multiplicité des outils accessibles.
  • Les activités engageant les outils numériques favorisent l’enseignement dit « mutuel » (où les élèves s’entraident indépendamment de leur niveau et travaillent en collaboration).
  • Les activités engageant les outils numériques nécessitent un positionnement enseignant dit « constructiviste » dans lequel les élèves travaillent davantage entre eux et qui leur donnent une plus grande autonomie.
  • Les activités engageant les outils numériques ne permettent pas de plus-value en terme de résultats scolaires, car les tâches mises en œuvre développent des compétences qui ne sont pas explicitement évaluées actuellement.
  • Les activités engageant les outils numériques et les pédagogies actives permettent de limiter le décrochage scolaire et engagent des réussites scolaires.
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